MOF / Brice Leclert / 27e édition

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Un des meilleurs Ouvriers de France

2023, l’année de tous les possibles !

Après 1 an de préparation et de travail sans relâche, j’ai le très grand plaisir d’avoir reçu le titre de “Meilleur Ouvrier de France” mardi 20 juin en Sorbonne à Paris !

Les pré-sélections

Cette aventure a débuté 1 an plus tôt à Paris avec les pré-sélections. Afin de prétendre à l’examen, il fallait préparer un dossier anonyme d’environ 20 pages retranscrivant notre parcours et notre travail. Muni de notre dossier, il fallait ensuite nous présenter à l’épreuve orale.

Cette épreuve de 1h comprenait :

  • un exposé dans lequel nous devions présenter notre parcours professionnel et mettre en évidence nos compétences et nos expériences,
  • un entretien avec le jury.

J’ai ainsi eu le plaisir de 22 avril 2022 d’être notifié de ma sélection pour passer les épreuves de l’examen “Un des Meilleurs Ouvriers de France”

C’est quoi le concours MOF ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il me parait important d’expliquer en quelques mots ce qu’est le concours MOF, ou plutôt l’examen UMOF. En effet on a tendance à penser qu’il s’agit d’un concours, pourtant il s’agit bien d’un examen. Contrairement aux concours, les candidats ne sont pas classés du meilleur au moins bon. Il n’y a pas de nombre minimal de lauréat ni même maximal. Il arrive même qu’aucun candidat ne deviennent lauréat. Il faut remplir tous les critères d’exigences et de valeurs afin de prétendre à cette belle distinction.

L’examen est donc organisé par le COET-MOF (comité d’organisation des expositions du travail).

Quelles sont les valeurs du MOF ?

“L’amour du travail bien fait, la recherche de la perfection et l’ouverture aux techniques les plus innovantes. Le désir de transmettre notre idéal et notre expérience aux nouvelles générations. Les Meilleurs Ouvriers de France (MOF) incarnent l’excellence, la tradition et la passion dans leur métier. Attachés aux méthodes traditionnelles, ils préservent les savoir-faire ancestraux tout en étant ouverts aux innovations. Les MOF sont également des passionnés qui transmettent leur savoir-faire aux générations futures. Ils travaillent avec respect, tant pour les matériaux que pour les personnes, et font preuve d’intégrité professionnelle. “

Les épreuves

Un mois plus tard nous recevions les sujets ! Ceux-ci se découpait en 3 axes :

  • La réalisation de 7 photographies sur des thèmes précis, imprimées sur papier photo brillant format 50x70cm, contrecollées sur du carton mousse de 1cm d’épaisseur,
  • La préparation d’une soutenance à l’orale pour présenter nos réalisations,
  • Une épreuve pratique sur place

Notre prestation était ensuite examinée par un jury reconnu par la profession sous 3 axes :

  • La qualité de notre soutenance à l’orale lors d’une présentation de 1h,
  • La qualité de nos photographies, examinées anonymement dans une autre salle,
  • Nos compétences techniques et humaine observées en direct lors de l’épreuve pratique d’1h30.

D’après les bruit de couloir que j’ai pu entendre, chacune de ces étapes étaient notées à coefficient égale.

Je vais vous présenter l’ensemble des sujets et la manière dont je les ai abordés pour répondre à l’exigence de l’examen UMOF. Vous y verrez les 7 photographies réalisées avec les thématiques imposées. Je vous détaillerai ma démarche, mes techniques employées et également mes difficultés rencontrées.

Bonne lecture !

Sujet n° 1 – Un portrait d’adulte

Format horizontal – noir et blanc en studio

Les candidats doivent créer une photographie qui valorise la musculation parfaite, d’une femme ou d’un homme, et savoir la mettre en valeur avec du modelé.

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Le projet

Comme pour les autres sujets, avant de commencer mes recherches, j’ai pris le temps d’analyser l’énoncé afin d’en définir les pistes de travail les plus importantes.
A mon sens, les deux enjeux de ce sujet sont à la fois de mettre en valeur la musculation d’un corps humain, par un jeu d’ombre et de lumière marqué, mais aussi de l’appréhender sous l’angle du portrait et non de l’affiche publicitaire par exemple. Ainsi non seulement ma photographie devait mettre en valeur la musculature, mais il me tenait à cœur également de donner une intention plus personnelle au cliché, et d’exprimer la personnalité du modèle.

Pour rassembler mes idées, j’ai créé un moodboard que j’ai remis à mon modèle pour qu’elle puisse se préparer et avoir une idée plus précise de la photographie que je cherchais à réaliser. Ce document rassemblait : le sujet, la description de mon projet avec des photos de référence, des idées de postures et de vêtements.

J’ai décidé de travailler avec un modèle féminin passionné de sport. Je voulais conjuguer – et non opposer – la force brute de la musculature et la sensualité.
Dans cette optique, j’ai demandé à mon modèle de porter de la lingerie noire qui soit à la fois discrète et féminine.
De plus, j’ai choisi d’installer un drap noir derrière elle pour apporter de la douceur à l’image, mais également en référence à la culture hellénique qui conjugue dans ses sculptures, la perfection de la musculature et le jeu du drapé.

L’image est globalement très contrastée : fond noir, vêtements noirs, modèle brune, drap noir : seule la lumière vient révéler les volumes du corps. Pour renforcer le contraste j’ai demandé au modèle de se mettre de l’huile de massage sur le corps.

D’un point de vue technique, j’ai utilisé deux flashs studios latéraux arrières montés avec bol réflecteur et nid d’abeille. Pour éclairer le fond et ainsi détacher les plans, j’ai utilisé un flash avec bol réflecteur et nid d’abeille. Enfin il y avait un flash avant monté avec une boite à lumière afin de garder du détail dans les noirs.

Temps estimé :

– 12 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement)
– 6 heures de prise de vue (le projet a été réalisé en deux séances afin de prendre du recul sur la première séance et retravailler certains détails dans la suivante)
– 6 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 85mm f/1.2
Réglages : f/8 , 1/200s , ISO100
Éclairage : Artificiel – 4 flashs (cf schéma)

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Sujet n° 2 – Un portrait d’enfants

Format horizontal – couleur en studio sur fond blanc

Les candidats doivent montrer la joie, la bonne humeur et la complicité de 4 enfants âgés de 4 à 12 ans, habillés en jeans et haut blanc.

Le projet

Ce sujet, aux apparences simples, révèle plusieurs contraintes aussi bien techniques qu’humaines.
Tout d’abord, le format horizontal imposé a nécessité un important travail de recherche au niveau des postures et de la disposition des enfants. Ensuite, l’utilisation d’un fond blanc associé à des hauts de même couleur demandait un éclairage spécifique pour permettre de bien distinguer les différents éléments entre eux.
Enfin, la gestion des jeunes modèles était un aspect fondamental de cette séance. Il fallait montrer la joie, la bonne humeur et la complicité sans pour autant « perdre » les enfants dans une ambiance trop festive qui n’aurait pas permis d’atteindre le résultat que j’envisageais.

Afin de répondre à ce sujet, j’ai décidé de choisir des enfants qui se connaissaient très bien et qui s’appréciaient mutuellement. J’ai donc demandé à deux enfants d’une même famille de venir avec leur meilleur(e) ami(e). Ce choix permettait d’offrir un joli moment de partage entre les enfants et de capter leurs instants de complicité.

La dimension temporelle ayant un impact important – notamment chez les plus jeunes des enfants dont les capacités d’attention sont réduites compte tenu de leur âge – le projet s’est déroulé sur 3 séances.
La première séance avait pour but de voir comment fonctionnait les enfants entre eux, de tester différentes poses préalablement réfléchies et voir comment ils entraient dans le cadre. En effet, suivant la taille des enfants, il fallait user d’astuce pour qu’ils remplissent le format horizontal sans les rendre trop distants les uns des autres.
Le résultat me semblant trop linéaire, j’ai revu le travail de la posture en plaçant différemment les enfants et en jouant sur une composition plus géométrique. Le résultat fonctionnait mais il manquait à mon sens ce petit plus qui rendrait la photographie plus pertinente, et les bords laissaient trop de place au vide.
J’ai donc préparé une 3ème séance en fabriquant des boites blanches pour me permettre de placer les enfants de manière plus horizontale tout en conservant un mouvement vivant et géométrique à l’ensemble.

Afin de ne pas perdre les enfants dans une séance longue ou je cherchais un résultat très précis, j’ai joué d’astuce pour garder leur bonne humeur en leur faisant écouter de la musique, en les invitant à raconter des histoires ou en les amusant. La photographie présentée est d’ailleurs le résultat d’un moment où les enfants secouaient la tête au rythme de la musique.

Pour l’image définitive, deux flashs dirigés vers le plafond blanc éclairaient le fond à f/16, une lampe studio équipée d’une softbox 50×70 éclairait latéralement les enfants à f/10, enfin une lumière de débouchage était réglée à f/4. Le mur opposé à ma lampe principale étant blanc, j’ai installé un panneau noir pour absorber le rebond de lumière.

Temps estimé :

– 13 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement)
– 17 heures de prise de vue
– 10 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 50mm f/1.4
Réglages : f/10 , 1/100s , ISO100
Éclairage : Artificiel – 4 flashs (cf schéma)

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Sujet n° 3 – Sport

Format horizontal – couleur en extérieur

Les candidats doivent réaliser une photographie en pleine action d’un sportif en situation de handicap (femme ou homme) avec son fauteuil roulant.

Le projet

Pour ce projet je me suis laissé le temps de la réflexion pour trouver l’activité sportive que je voulais travailler.
Les premières idées qui me sont venues étaient orientées sport de balle ou courses (ce sont d’ailleurs les premières images de référence que j’ai trouvées). La plupart de ces sports se pratiquant en équipe ou en salle, j’aurais pu décider, pour répondre au sujet, de ne me concentrer que sur un seul joueur mais j’ai finalement opté pour la pratique du tir à l’arc. Ce sport répondait en lui-même à l’énoncé mais c’est aussi une pratique que j’avais envie de mettre à l’honneur. De plus, je trouvais qu’il se prêtait bien au format horizontal demandé.
Une fois le sport choisi, la difficulté était de trouver le modèle. J’ai commencé à rechercher dans des associations sportives, puis c’est finalement par le bouche à oreille que j’ai rencontré mon modèle.
Bien que très technique, la prise de vue s’est déroulée en une seule séance.

Pour mon image finale, j’ai choisi de travailler avec un objectif 16×35, dans le but de renforcer la proximité avec la sportive et d’accentuer la puissance de la flèche. Cette photographie a demandé beaucoup de patience et de persévérance au modèle qui est atteinte d’une maladie qui la fatigue très vite. Nous avons donc pris le temps de réaliser les photographies en espaçant les tirs afin qu’elle puisse se reposer régulièrement.
La photographie présentée est sans trucage. Afin d’avoir cette flèche prise en plein vol, j’ai essayé plusieurs méthodes, notamment celle d’utiliser un déclencheur de mouvement. La flèche étant trop rapide et le mouvement de l’archer imperceptible, le déclencheur n’étais pas efficace. Finalement nous avons surtout communiqué et j’ai essayé de percevoir le moment où la flèche partirait.

Après avoir fait un repérage sur les lieux, j’ai choisi de travailler l’après-midi pour que le soleil serve de retour de lumière. Pour donner un sens de lumière et mettre en valeur la concentration du modèle j’ai choisi d’ajouter un flash de studio réglé en haute vitesse avec une softbox 50x70cm et une lampe de débouchage en haute vitesse également.

Temps estimé :

– 13 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement)
– 2 heures de prise de vue
– 6 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 16-35mm f/2.8
Réglages : 18mm , f/3.5 , 1/8000s , ISO100
Éclairage : Naturel + Artificiel – 2 flashs (cf schéma)

Sujet n° 4 – Mariage

Mariage – Format vertical – couleur

Les mariés seront photographiés seuls à l’heure bleue, le voile de la mariée devra être mis en valeur…

Le projet

Les deux difficultés majeures rencontrées pour ce sujet étaient de repérer le lieu idéal et de trouver un couple relativement disponible car la réussite de cette photographie dépendait beaucoup de la météo.

En lisant l’énoncé, j’ai tout de suite eu beaucoup d’idées d’effet de voile, mais elles convenaient plutôt à un format horizontal.
J’ai réalisé plusieurs croquis afin d’envisager le mouvement du voile et j’ai travaillé sur deux solutions opposées : réaliser une photographie dans laquelle le voile s’envole vers le haut et une dans laquelle il s’étend vers le bas. Dans le but de conserver toute l’importance du ciel et de donner un sens profond au voile, j’ai choisi d’entourer mes mariés en les blottissant l’un contre l’autre.

Le temps de prise de vue étant très limité à l’heure bleue, j’ai passé beaucoup de temps à réfléchir à la posture idéale. Une fois choisie, j’ai réalisé un moodboard comprenant les informations utiles à la communication entre les mariés, la styliste, la maquilleuse et moi-même.

Pour le lieu, je recherchais une vue dégagée avec une ville en contrebas pour en voir les lumières à la tombée de la nuit. Je souhaitais également placer les mariés sur un monticule herbeux ou rocheux afin de les surélever et permettre au voile de prendre toute sa place.

Une fois installés pour la prise de vue, j’ai demandé au marié de regarder droit dans l’objectif, dans le but de lui donner une réelle présence. En effet, par son costume sombre dans un ciel sombre ainsi qu’avec la grande place prise par le voile, le marié aurait risqué d’être effacé.

Une fois placés et la lumière réglée, il ne restait plus qu’à donner le mouvement au voile. Pour ce faire, j’ai travaillé avec 3 assistantes qui ont pu lancer le voile afin de lui donner cette douceur dans le mouvement et d’entourer les mariés.

Pour éclairer les mariés de manière satisfaisante, j’ai associé lumière naturelle et deux lumières studio (une softbox 50x70cm pour la lumière principale et une lumière de débouchage). Pour renforcer l’intimité de la scène, j’ai travaillé avec un objectif 85mm réglé sur f/1.8, ce qui permettait également d’offrir un bel effet flottant dans les lumières de la ville.

Temps estimé :

– 32 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement)
– 1 heure de prise de vue
– 7 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 85mm f/1.2
Réglages : f/1.8 , 1/125s , ISO1600
Éclairage : Artificiel – 2 flashs (cf schéma)

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Sujet n° 5 – Reportage

Format vertical – noir et blanc

Dans un milieu urbain, les candidats doivent réaliser une photographie graphique à fort contraste, composée d’ombres et de lumières, avec la présence d’une personne.

Le projet

Ce projet fut le plus long en termes de réalisation. L’un des points fondamentaux à traiter était celui de la lumière. Au vu de la thématique « reportage », je ne souhaitais pas utiliser de lumières artificielles et je voulais saisir l’instant sans truquer les postures ou la composition.
J’ai dans un premier temps cherché des lieux à la fois urbains et graphiques qui pouvaient produire l’effet recherché de jour et d’autres de nuit. Ne souhaitant pas me disperser, j’ai décidé de me concentrer sur des lieux fonctionnant de jour. Je me suis intéressé à l’architecture, aux jeux d’ombres qu’elle provoquait sur elle-même avec la lumière du soleil et à ceux projetés sur le sol. Je me suis rendu dans différents lieux, à différents moments de la journée et ce tout au long de l’année. J’ai pu y saisir quelques images intéressantes, et mon choix s’est porté sur cette photographie réalisée à Londres car elle représente assez bien l’idée que je me fais du reportage.

La personne photographiée marche vers la lumière, avec son sac à dos de voyage. Les parties de son corps détourées par le contre-jour détache ma voyageuse des bâtiments sombres, et les parties non éclairées sont valorisées par les bâtiments ou le ciel lumineux.
J’ai souhaité la photographier au centre de mon image, j’ai donc attendu le moment propice pour déclencher ma photo. Les lignes principales de l’architecture urbaine ramènent toutes l’œil en direction de la voyageuse. Qui plus est, elle est encadrée par deux bâtiments principaux, eux-mêmes encadrés par deux arbres qui jouent, eux aussi, un rôle important dans l’effet d’ombre et de lumière.

Ce qui ressort de ce sujet c’est que, pour du reportage urbain, il est important de préparer une idée de l’image que l’on souhaite avant de se rendre sur place, mais que ce n’est pas l’essentiel. Il faut surtout aller dans différents endroits, observer la lumière et les ombres qui s’offrent à nous et déclencher au bon moment.

Temps estimé :

– 12 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement, repérage)
– 30 heures de prise de vue
– 10 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 16-35mm f/2.8
Réglages : 25mm , f/8 , 1/320s , ISO100
Éclairage : Naturel

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Sujet n° 6 – Un portrait créatif et artistique

Format vertical – couleur

Les candidats doivent réaliser la photographie d’une femme (40-50 ans), en buste ou mi-corps ; la création artistique de cette image devra produire l’effet « waouh ».

Le projet

Ce projet, plutôt libre dans son interprétation, m’a demandé de me positionner en tant que photographe artiste. Dans le sujet il est précisé que « la création artistique » de cette image devra produire « l’effet « waouh » ». Ce que je comprends de cette formulation est que c’est bien la démarche artistique, donc la manière dont je vais m’emparer d’un sujet, qui devra produire l’effet waouh. Cependant, l’effet « waouh » peut également être compris au sens visuel du terme : qu’en voyant l’image, le spectateur se disent « waouh » devant le résultat final.

J’ai réfléchi à plusieurs thématiques à aborder. Je me suis posé la question, « Qu’est-ce qu’une femme de 40 à 50 ans a comme problématiques dans son quotidien que je pourrais retranscrire ? ».
Cette période de la vie peut correspondre à la crise existentielle du milieu de vie qui apparait lorsque l’on prend conscience simultanément que l’on a qu’une seule vie à vivre et que la fin de cette unique vie se rapproche inéluctablement. A ce sentiment s’ajoute, ce que les sociologues ont théorisé depuis quelques années sous le terme de « charge mentale » qui traite de la charge cognitive portée par les adultes, souvent les femmes, dans la gestion du foyer au quotidien. Enfin, la période que nous vivons actuellement sur fond de guerre en Europe et de crise climatique, vient rajouter de l’anxiété à ce contexte déjà lourd.

Au niveau de la pose du modèle et de son expression, j’ai travaillé dans deux directions différentes. Une dans laquelle la personne fait semblant d’être heureuse et masque son quotidien derrière elle et une autre où elle explose à cause de ce quotidien qui l’entoure. C’est cette deuxième option que j’ai finalement sélectionnée, car plus explicite et plus impactante.

Pour réaliser les visuels des 3 panneaux, j’ai demandé à une graphiste de travailler avec moi sur ce projet. Le panneau n°1 représente l’éclatement. J’ai imaginé pour le panneau n°2 d’intégrer subtilement des éléments du quotidien associés à des lignes emmêlées qui représentent la confusion. Le panneau n°3, avec cette ville en ruine, symbolise la peur de l’avenir en rapport avec l’actualité.
Inspiré par le travail de Pierre Soulage, je voulais que tous les éléments soient noirs et que seule la couleur de la lumière permette de détacher les plans et de leur donner un sens (Le rouge orangé renforce la colère, le bleu renforce la tristesse, quant au vert posé sur le modèle il offre une ouverture au retour au calme, à l’espoir et le rose la vitalité).
C’est également pour cette raison que le modèle est vêtu de noir. J’ai travaillé une composition de couleurs de type tétradique, en associant des couleurs complémentaires. Le rouge orangé s’oppose au bleu en arrière-plan et le vert s’oppose au rose au premier plan, principalement sur le modèle.

Pour amener subtilement le mouvement de mon sujet, j’ai réglé l’appareil photo à une seconde de temps de pause. Le coup de flash partait au premier rideau et j’ai demandé à mon modèle de se reculer pour tracer le mouvement vers l’avant.

Temps estimé :

– 33 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement, création du décors)
– 3 heures de prise de vue
– 8 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 85mm f/1.2
Réglages : f/8 , 1sec , ISO100
Éclairage : Artificiel – 3 flashs + 3 lumières continues (cf schéma)

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Sujet n° 7 – Un portrait

Format vertical – couleur sur fond sombre

Pour la réalisation d’une affiche publicitaire pour une échoppe de barbier, les candidats doivent réaliser une photographie d’un homme avec une barbe stylisée.

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Le projet

Pour réaliser la photographie d’une affiche publicitaire de barbier, j’ai dans un premier temps recherché des références. Je me suis aperçu que beaucoup d’affiches étaient des illustrations et non des photographies. J’en ai tout de même dégagé quelques pistes : les illustrations sont plutôt cadrées en buste, en plan poitrine ou en gros plan. Les visages sont aussi bien de face, de ¾ que de profil. Pour comparer avec un milieu très proche j’ai aussi regardé les affiches créées pour les coiffeurs et l’on y retrouve les mêmes caractéristiques. Cette première analyse m’a permis de me faire une idée des attendus que pourrait avoir une agence de communication dans ce domaine.

Pour la réalisation j’ai choisi de travailler avec un barbier de mon réseau qui participe à des concours et qui est passionné par son métier. Nous avons défini nos attendus respectifs de ce qu’était une barbe stylisée et avons choisi le modèle qui correspondrait à ce projet. Pour la réalisation j’ai travaillé le soir dans leur salon, car je voulais profiter de l’environnement du barber shop pour mes images.
J’ai réalisé des portraits en buste et en gros plan, en mélangeant lumières naturelle et artificielle. J’ai ainsi utilisé une lampe studio avec une softbox 50x70cm placé latéralement pour correctement dessiner la barbe et donner une présence au regard de mon modèle et j’ai ajouté une lumière de contre coupé avec un cône snoot. J’ai également ajouté un néon coloré violet pour apporter un léger contraste avec la dominante orange du fond.
Pour la tenue, j’ai choisi un béret et des bretelles pour accentuer le côté hipster qui remet à l’honneur le port de la barbe aujourd’hui.

En définitif j’ai choisi un cadrage plan serré, qui a plus d’impact et qui se concentre sur l’essentiel, à savoir : la barbe.

Temps estimé :

– 12 heures de préparation au projet (étude du sujet, recherche, point d’avancement)
– 2 heures de prise de vue
– 8 heures de retouche et développement des images (Lightroom, Photoshop, et impression finale)

Matériel utilisé :

Boitier : Canon r5,
Objectif : Canon 85mm f/1.2
Réglages : f/2.8 , 1/125s , ISO100
Éclairage : Naturel + Artificiel – 2 flashs (cf schéma)

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L’épreuve pratique !

 

Cette épreuve est toute nouvelle dans les examens “Un des Meilleurs Ouvriers de France” dans le groupe Photographie. Avant de nous rendre sur place nous n’avions que cette précision qui décrivait l’épreuve :

SITUATION DE TRAVAIL EN PRÉSENTIEL D’UNE DURÉE MAXIMALE DE 1h30
Les candidats devront réaliser deux prises de vues avec deux techniques d’éclairage qui seront imposées et révélées le jour de l’épreuve, (modèle, ordinateur et appareil photo à prévoir)

Une fois sur place 4 lampes studios étaient désinstallées dans la salle avec différents modeleurs (accessoires pour travailler notre lumière). Il y avait également deux fonds studio au choix. Le jury nous a remis ces deux sujets :

Sujet 01 :
Réaliser une photographie en clair-obscur en noir et blanc, format vertical, fond sombre, plan buste.

Sujet 02 :
Réaliser une photographie sur fond clair en couleur, format vertical, plan américain.

Pour réaliser ces deux photographies j’ai choisi de garder le même rouleau gris clair et de l’assombrir par un jeu de lumière.

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Remerciements et Félicitations

Je tiens particulièrement à remercier toutes les personnes qui ont participé à cet examen MOF. Notamment les modèles : Lola, Justine, Paul, Lucie, Camille, Éva et leurs parents, Élisa et sa maman, Coralie, Mickaël, Audrey, Michael, Zia, Estelle, Valentin. Mes assistants et aidants : Aurélie, Audrey, Zia, Michel, Élodie, Pierre-Alain et Karine de Horspiste Communication. Les maquilleuses et coiffeuses Audrey, Sophie, Joanna. L’équipe Guy’s Barbershop avec notre barbière Mélina et Guillaume. La styliste de robe de mariée Delphine Pinel et bien sûr je remercie ma femme, mes enfants, mes ami(e)s, ma famille, L’Union des Commerçants Les Rues de Rive, la mairie de Rive de Gier, le Club d’Affaire Plaisir d’Entreprendre CAPE, le COET-MOF… qui ont su me soutenir dans ce projet MOF !
Sans oublier également les précieux retours, le soutien que vous avez pu m’apporter au fur et à mesure du projet que ce soit de la part de confrères ou consœurs, d’ami(e)s ou de client(e)s !
Je tiens également à féliciter tous mes collègues qui sont allés au bout des épreuves qu’ils soient lauréats ou non. C’est avant tout une belle expérience humaine !!